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Ou comment j'aurai pu finir ma vie accro aux amphétamines, puis esclavagiste, emprisonnée, divorcée et pire encore ?

Lectrice, je te sens perplexe ? Allez, je te dévoile tout : voici un billet 100% bonne humeur !

Début Juillet, la rédaction d'un célèbre magazine féminin me contacte par email pour avoir des visuels de 3 créations présentées sur mon site pour leur page mensuelle mettant en lumière le "made in France". D'abord étonnée, puis très étonnée, et enfin fière que ma démarche écocitoyenne de production locale avec des matières premières alsaciennes soit mise en avant, j'obtempère avec plaisir. Je vous passe les échanges de mails concernant la taille et la forme des photos, je me plie aux désirs de cette rédaction, sans rechigner, chaque métier a ses impératifs. La revue devant sortir dans quelques semaines, je recontacte la rédaction, pas de chance : répondeur, et malgré mes messages vocaux et mes email, jamais rappelée. Heureusement jeudi, j'arrive à contacter enfin la rédactrice, qui m'explique que "en fait, non les photos n'ont pas été prises à la maquette, mais cela ne remet en rien leur qualité, elle aime vraiment beaucoup mon style et ce que je fais, blablabla blablabla ...".

C'est là que je dis Ouf, car tout compte fait, si ces 3 articles étaient parus, fatalement, vu l'engouement de la rédaction de ce magazine et le nombre de leurs lectrices, j'en aurai vendu par centaines, que dis-je par milliers... Donc pour pouvoir fournir d'abord j'aurai dû travailler 20h par jour, enchaînée à ma machine, tenant grâce aux amphéft, négligeant mes enfants, mon mari; puis me rendant à l'évidence, j'aurai dû aménager dans ma cave un atelier clandestin de petites mains clandestines sous-payées et mal nourries pour répondre à la demande croissante ... pour finir dénoncée par mes voisins ne supportant plus le bruit incessant des machines à coudre, et donc pffff direct case prison, où j'aurai fini seule... Bilan : merci Mme la rédactrice, grâce à vous cet été j'ai eu l'énergie de relooker mon site, et même si cet automne je ne connaîtrais pas la gloire nationale, en revanche, je garde mon mari, mes enfants, mes clientes fidèles qui acceptent mon travail lent, certes, mais les seules mains que j'exploite sont les miennes ;-)

PS : je reste profondément heureuse de mes contacts avec la presse et les médias régionaux, avec lesquels tout s'est toujours bien passé, dans la bonne humeur et le respect du travail de chacun. PS2 : plus jamais, je ne rirais des mésaventures de mon amie Aji , voir son post du printemps, promis juré  ...

 Et comme dit en Franche-Comté, on n'est pas les plus malheureux ;-)